L'Economie Sociale et Solidaire fortement ancrée dans les territoires de Midi-Pyrénées
Nouvelles données
Une étude sur le poids de l'ESS en Midi-Pyrénées a été réalisée en partenariat entre la CRESS et l'INSEE.
Cette étude a pour objectif d’évaluer la place de l’économie sociale et solidaire en Midi-Pyrénées à partir des données disponibles sur ses établissements et sur l’emploi salarié du secteur. Même si l’approche est partielle car elle ne prend en compte ni les établissements non employeurs ni le bénévolat, difficile à évaluer en l’absence d’enquête spécifique, l’ambition est de répondre aux questions que peuvent se poser les acteurs de l’économie sociale et solidaire et leurs partenaires au niveau régional.
Quel est le poids de l’économie sociale et solidaire en nombre d’établissements, en termes d’emplois ? Où sont-ils localisés à l’intérieur de la région ? Quelle est l’importance des différentes catégories d’employeurs, de salariés ? Quels sont les domaines d’intervention ?
L’économie sociale et solidaire fortement ancrée dans les territoires de Midi-Pyrénées
En Midi-Pyrénées, l’économie sociale et solidaire compte près de 11 000 établissements employeurs et 100 000 salariés en 2005, soit 11 % de l’emploi salarié régional. Ces emplois sont mieux répartis sur le territoire que le reste de l’économie et leur poids est souvent élevé en milieu rural. Constituée en grande majorité par les associations, l’ESS répond à quelques caractéristiques structurelles : plus de femmes que d’hommes, peu de jeunes et beaucoup d’emplois occasionnels.
L’économie sociale et solidaire (ESS) se définit comme l’ensemble des coopératives, mutuelles, associations et fondations. Fin 2005, elle compte près de 11 000 établissements employeurs et 99 300 salariés en Midi-Pyrénées, soit 11 % des salariés de la région, hors agriculture.
Un ancrage territorial marqué
La quasi totalité (97 %) des entreprises de l’ESS implantées dans la région ont leur siège social en Midi-Pyrénées. Elles regroupent 92 % des emplois salariés régionaux du secteur. Les entreprises de l’ESS sont de taille plus petite que dans le reste de l’économie : elles sont donc plus autonomes et moins dépendantes de l’extérieur. De plus, le mode de gouvernance spécifique de l’ESS ancre largement la processus de décision au niveau local malgré l’existence de fédérations nationales ou de groupes coopératifs. Comme par ailleurs leurs activités sont très liées à la population résidente, avec un champ d’action géographique souvent assez limité, cette partie de l’économie paraît moins vulnérable aux aléas conjoncturels. Elle n’est pas concernée par les risques de délocalisation.
L’ESS facteur de cohésion territoriale
Les emplois salariés de l’ESS sont mieux répartis sur le territoire que ceux du reste de l’économie. Ainsi, la commune de Toulouse, qui polarise 15 % de la population régionale, rassemble 21 % des salariés de l’ESS, contre 28 % des salariés des autres activités. Le même phénomène s’observe sur les vingt premières communes : concentrant un tiers de la population et 54 % des salariés des autres entreprises, elles ne regroupent que 49 % des salariés de l’ESS. A l’inverse, et même si les emplois de l’ESS sont numériquement plus nombreux en milieu urbain, leur poids dans l’emploi reste très significatif dans les zones les plus rurales (comme les zones d ‘emploi d’Auch et de Millau), ce qui renforce la cohésion territoriale de l’ESS.
Forte densité dans les zones d’emploi de Cahors et Rodez
Cependant, la part des effectifs salariés employés par l’ESS dans l’emploi salarié total varie fortement entre les différentes zones d’emploi : elle va de 5 % dans la zone d’emploi de Lavelanet à 17 % dans celle de Cahors. D’une manière générale, la part de l’ESS est élevée dans les zones où l’économie résidentielle (commerces et services à la population) est développée. C’est le cas des zones d’emploi de Lourdes, Albi-Carmaux, Cahors et à un degré moindre de celles de Figeac-Decazeville et Rodez. Ces cinq zones présentent également les plus fortes densités des emplois de l’ESS par habitant : Cahors et Rodez ressortent en tête avec plus de 440 salariés de l’ESS pour 10 000 habitants.
Un poids beaucoup plus faible à Lavelanet
A l’inverse, dans la zone d’emploi de Lavelanet, la densité de l’ESS par habitant est particulièrement faible : moins de 200 salariés pour 10 000 habitants. Contrairement aux cinq zones d’emploi citées précédemment, cette zone se caractérise par un appareil productif relativement développé et une économie résidentielle relativement réduite.
Les associations constituent les quatre cinquièmes de l’ESS
Les associations représentent 83 % des établissements employeurs de l’ESS, les coopératives 13 %, les mutuelles 4 % ; on compte aussi 15 fondations. La répartition est sensiblement la même en termes d’effectifs salariés.
Parmi les activités des associations, celles du domaine social sont prépondérantes. Elles regroupent plus d’un emploi sur deux et sont le plus souvent orientées vers l’accueil des personnes handicapées ou l’aide à domicile. Le domaine éducatif est également très présent : un emploi salarié associatif sur huit.
Dans les coopératives, les deux tiers des emplois relèvent des activités financières des coopératives de crédit. Les autres coopératives sont pour l’essentiel des coopératives agricoles de production agro-alimentaire ou de commercialisation. L’emploi salarié des mutuelles se partage principalement entre les activités financières (plus des deux tiers) et les activités relatives à la santé (moins d’un tiers).
Ainsi, la place de l’économie sociale et solidaire peut être prépondérante dans certaines activités du tertiaire. Dans les secteurs de l’action sociale et des activités financières, plus d’un salarié sur deux appartient à l’ESS. Dans les activités récréatives, culturelles et sportives, le ratio approche un emploi sur deux. Au contraire, le poids de l’ESS est faible dans l’industrie, la construction, le commerce et les services aux entreprises.
Des salaires relativement bas dans les associations
Le salaire brut annuel d’une personne employée toute l’année et à temps complet s’établit en moyenne à 24 000 € dans les associations, contre 29 800 € dans l’ensemble de l’économie. Dans les coopératives et les mutuelles, le salaire brut moyen est nettement plus élevé : respectivement 33 200 € et 30 900 €.
Beaucoup de femmes et peu de jeunes
Globalement, les femmes sont nettement majoritaires : elles occupent cinq emplois de l’ESS sur sept. Mais elles sont minoritaires dans les coopératives, en particulier dans les coopératives agricoles ou de production où elles occupent moins d’un emploi sur trois.
Les salariés de l’ESS sont en moyenne plus âgés que dans le reste de l’économie. En particulier, la part des jeunes de moins de 25 ans dans l’ESS est inférieure de 5 points à celle observée en moyenne dans le reste de l’économie. C’est surtout dans les mutuelles que cette part est réduite, et encore plus dans les mutuelles d’assurance (seulement 4 % des emplois).
Consulter l'étude :
6 pages ESS.pdf